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Ceci est un blog sur tout ce qui m'intéresse par rapport à la Chine, ça peut être du digital, du champagne, des expositions d'art contemporain Chinois... Vous trouverez aussi quelques récits de mes voyages là-bas !

jeudi 2 juin 2011

quelques souvenirs

long time no see, 好久不见

voilà un article écrit il y a quelques temps

Si on lit le troisième tome d'"une vie chinoise", à la fin Li Kunwu dit : "moi je ne viens pas du pays des gratte-ciels, mais de la Chine qui était inconnue du monde". Et bien c'est ça, la Chine change tellement vite, qu'à cinq ans près ce n'est plus le pays qu'on a connu. C'ets pour ça que j'ai appelé ce blog "ma Chine". Parce que le Pékin d'aujourd'hui ce n'est pas celui qui m'a accueillie pendant un an en 2005. Ce n'est pas la Chine de mes camarades de l'Inalco qui ont vécu à Shanghai en 2008 par exemple.Ce n'est même pas non plus la même que celle de mes colocs à Pékin. Parce qu'elles avaient déjà fait des études sur la Chine, connaissaient déjà la langue, l'Histoire, la culture... Donc leur expérience est différente encore. Moi quand j'ai débarqué à Pékin en juin 2005, la seule chose que je connaissais du pays était le mot "Mao". Je ne savais même pas qui c'était et ce qu'il avait fait. Mon expérience est donc particulière. Et je pense que chaque étranger a de la Chine une expérience différents. Ce pays est tellement différent du monde occidental, riche par sa culture, bouillonnant, chacun y vivra des choses différentes, y remarquera des coutumes différentes.
 Donc moi la Chine que je décris ici c'est celle que je vois à travers mes yeux, qui sera peut-être différente de celle d'autres personnes.
Je me souviens encore du jour où je suis arrivée : après avoir beaucoup galéré avec le chauffeur de taxi qui m'avait d'abord emmenée dans une autre école, il me dépose au bout d'une heure devant la grande porte de l'école Beiwai. Et là j'entre, et puis... "je vais où?". Et c'est là que je me suis rendue compte de l'aventure dans laquelle je m'étais lancée. Autour de moi, pleins de routes, des tas d'élèves qui vont partout, et quelques panneaux qui pour moi étaient justement "du chinois". Je m'approche de ces panneaux, voit un plan que je ne comprends pas, demande de l'aide à des étudiants qui ne parlent pas anglais et ne peuvent pas m'aider. Au bout de vingt minutes, des étudiants réussiront à m'indiquer les dortoirs en baragouinant trois mots d'anglais.
J'arrive au dortoir avec mes grosses valises, et là, pareil, la dame du bureau ne parle pas non plus anglais, et me tend une feuille fine comme du papier bible, comme tous les formulaires chinois, tout en chinois. Je ne sais plus comment je m'en suis sortie, mais je sais qu'au bout d'un moment le formulaire était rempli, et que j'ai pu avoir les clés de ma chambre.
Et tout est comme ça au début : l'aventure pour la moindre petite chose. Mais quand on prend des cours et qu'on est en immersion,  on apprend vite. Mais le début en Chine est vraiment une aventure qui donne souvent lieu à des situations coquasses. Au supermarché, à la poste, on se retrouve entouré de gens qui essayent difficilement de vous expliquer des choses qui pour eux sont évidentes, alors que vous, vous ne les auriez jamais imaginées comme ça. Eux parlent vite, parce que pas habitués à être confrontés à des gens qui ne comprennent pas ce qu'ils disent, et vous vous répétez les deux seuls mots que vous connaissez, que vous avez appris le matin même, en espérant qu'ils finiront par comprendre. Les vendeuses du supermarché sont mortes de rire, les employés de la poste sont agacés et impatients, les vendeurs de tickets dans le bus vous crient encore plus fort dessus en vous regardant comme un extra-terrestre avec des yeux ronds. Et autour les Chinois qui jettent des coups d'oeils à la scène, ne voulant pas trop se faire repérer.
Comme dit un des articles que j'ai mis en ligne, au bout d'un moment en Chine, du moins en 2005, quand un Chinois ne vous regarde pas, c'est là qu'il y a un problème. On prend l'habitude de devenir une attraction permanente, et on tente tant bien que mal de trouver ses repères, et de se constituer une sorte de quotidien. On est soit même ebahi par le moindre petit détail, et on prend des photos des choses les plus "banales".

Mais ce Pékin là n'existe plus. On n'entend plus "laowai" (étranger) partout où on passe, les taxis ne nous arnaquent plus... Le Pékin que j'ai vu en 2010 était complètement différent. C'est moins l'aventure, la vie y est plus facile, tout est plus rangé, les gens sont plus riches, les Chinois sont habitués à voir des étrangers et ne s'étonnent plus. En plus maintenant ils sont patients et savent communiquer avec quelqu'un qui parle pas ou peu chinois.
Le sud de Pékin a été reconstruit. Avant il y avait des bidon-villes ou des immeubles moches construits à la hâte. Aujourd'hui on y trouve un magnifique quartier "traditionnel" de luxe avec des magasins de grandes marques.

Mais il y a aussi des changements marrants : les filles se coupent les cheveux même en hiver et commencent à fumer, les jeunes sont branchés, les filles à la mode, les quartiers à touristes sont amintenat fréquentés aussi par la bourgeoisie pékinoise.
Avant les vêtements étaient simples, au mieux on trouvait des femmes habillées genre années 60 avec des robes à fleurs. On sentait que c'était la libération : c'était plein de couleurs, mais pas encore trop provoquant.
Aujourd'hui les plus "fashion" des Pékinoises n'ont rien à envier aux parisiennes ou new-yorkaises.
Avant un étranger à Pékin pouvait presque se sentir "oppressé". Aujourd'hui un blanc à Pékin n'est rien de plus qu'un touriste parmi les autres.
Il y a moins d'odeurs, moins de petites rues, c'est moins chaleureux.
A Wudaokou, les ouvriers et autres Chinois normaux se retranchent dans les rares bouibouis qui ressemblent à la Chine d'avant, où ils sont sûrs qu'aucun étranger ne viendra les déranger, car trop simples et sales pour ces nouveaux touristes.
Mais certaines choses restent : la curiosité et la bonne humeur des chauffeurs de taxi quand on discute avec eux, ceux qui parlent anglais et viennent vous voir, tout fiers, pour discuter avec vous et se montrer en même temps, les immeubles d'habitation qui ressemblent à des fourmilières, les vendeurs de journaux ou de snacks dans la rue, les marchés où le passant se fait haranguer, le gris du béton, la brume du matin sur les tours, les lumières la nuit qui éclairent le ciel, la liberté qu'on ressent en se promenant dans les rues, l'impression d'être loin de tout...
Bref, le Pékin d'aujourd'hui est un peu différent, mais il est bien aussi !

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