Bienvenue !

Bienvenue amis lecteurs,

Ceci est un blog sur tout ce qui m'intéresse par rapport à la Chine, ça peut être du digital, du champagne, des expositions d'art contemporain chinois... Vous trouverez aussi quelques récits de mes voyages là-bas !
Récemment j'ai choisi de partager avec vous des interviews de grands sinologues, d'experts et de personnalités que j'ai rencontrées lors de mon parcours académique et professionnel.

jeudi 22 avril 2021

Interview de Laetitia Chhiv, Présidente de l’AJCF Association des Jeunes Chinois de France


 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?


J’ai 35 ans et je suis chargée d'enseignement au département de chinois de l'université Bordeaux Montaigne et doctorante en études chinoises à l'EPHE-PSL.


Comment as-tu connu l’AJCF et qu’est ce qui t’a donné envie d’en faire partie ?


J'ai connu l'AJCF fin 2018, lors de mon retour d'un séjour de 3 ans en Chine. L'idée de départ était de mieux connaître la Chinois de France de la deuxième génération et de m'impliquer dans des projets en rapport avec la culture chinoise.


Comment es-tu devenue présidente de cette association ?


Dès mon intégration à l'AJCF, j'ai beaucoup travaillé avec Daniel Tran qui était alors président et qui m'a impliquée dans beaucoup de projets en rapport à l'association. A la fin de son mandat, il m'a proposé de reprendre la main. J'y ai vu là une belle occasion de poursuivre mon parcours à l'association et d'essayer "d'apporter ma pierre".


L’AJCF est de plus en plus active et ces derniers temps elle est devenue de plus en plus médiatisée, pourquoi d’après-toi ?


C'est très lié à la pandémie, qui a exacerbé un racisme anti-asiatique qui n'était pas visible pour beaucoup jusqu'à présent. Sous prétexte que la Chine soit prétendument responsable de cette situation, certaines personnes prennent l'ensemble de la communauté chinoise, et asiatique plus généralement, comme bouc émissaire.


Le racisme anti-asiatique est un phénomène international qui s’est accentué avec le covid mais il a toujours existé n’est-ce pas ? 


Oui, tout à fait. C'est un racisme moins visible par rapport à d'autres, car plus banalisé et moins dénoncé (au tout départ) par les Asiatiques eux-mêmes. Les choses ont évolué depuis, mais il reste beaucoup à faire, d'autant plus que la pandémie a exacerbé des sentiments de haine à l'égard des personnes d'origine asiatique. Énormément de fake news circulent, beaucoup d'amalgames sont faits, ce qui a pour conséquence que les Asiatiques se sentent sous tension depuis plus d'un an maintenant.

Comment concilier la lutte contre le racisme anti-asiatique et la non stigmatisation des autres communautés françaises selon toi ? En effet j’ai remarqué que certains sinophiles étaient racistes envers ces autres communautés, comment agit l’AJCF pour calmer les tensions qui peuvent exister entre Français ?


Nous ne cherchons pas à nous mettre en avant par rapport à d'autres. Au contraire, nous souhaitons une égalité de traitement (que le racisme anti-asiatique soit considéré comme n'importe quelle autre forme de racisme). Et même si nous cherchons à mettre en lumière le racisme anti-asiatique, nous dénonçons le racisme de manière générale. C'est pourquoi nous sommes partenaires avec de grandes associations de lutte contre le racisme, telles que SOS racisme, la Licra, le Mrap, par exemple. Enfin, notre position est très claire : nous refusons toute sorte de récupération de la part de militants d'extrême droite ou autres représentants de mouvements extrémistes dont les actions contribuent à la division de la société. Nous travaillons à une meilleure intégration de la communauté asiatique en France, qui ne pourra que favoriser l'entente entre les différentes communautés présentes dans ce pays.


Que souhaites-tu pour l’avenir ?

D'un point de vue personnel, je souhaite que l'AJCF continue à se développer, en renforçant ses liens avec les pouvoirs publics et les partenaires associatifs, ainsi qu'en améliorant sa visibilité au sein de la société française.
Je souhaite également que l'AJCF, forte de son profil biculturel, se développe davantage dans son rôle de pont entre la Chine et la France, qui sont deux pays liés historiquement et qui ont tout intérêt à collaborer du mieux que possible.

 

è https://www.lajcf.fr/






lundi 30 novembre 2020

Interview de François Daireaux, artiste et co-auteur du livre DISCOVER

 


      Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

Mon travail de photographe se compose à partir de voyages. Depuis près de vingt-cinq ans, je pars dans des pays que je ne connais pas au départ, toujours seul, pour en tirer une expérience qui prend ensuite lentement forme. Mes incursions dans des territoires inconnus – dont je ne maîtrise souvent au départ que très approximativement la langue – me permettent de faire littéralement corps avec les moments que je rencontre et de m'intéresser à des niveaux de réalité parfois minuscules, égarés en marge des grands événements. J’observe des situations très locales et réfléchis leurs modes de subsistance dans un monde globalisé. Je travaille comme un glaneur de formes, de situations et d’images. Et c’est en insistant, en persistant dans cet exercice pugnace et solitaire que les éléments trouvent progressivement leur place dans mon langage. Plusieurs obsessions habitent mes œuvres ; la transformation de la matière, l'apparition soudaine des formes et les gestes qui l'accompagnent.  Pour moi, photographier c’est percevoir et c’est par là même entretenir une grande proximité avec le monde. Le fait d'être seul me permet d'être au plus proche des gens que je rencontre. Chaque série photographique est pour moi une réelle expérience de vie et l'occasion de faire évoluer mes questionnements autour de la condition humaine dans des pays en pleine mutation économique, sociale et politique. Pour être au plus juste avec les contextes sociaux souvent très pauvres auxquels je me confronte, j'utilise un matériel léger et discret. Il n'en demeure pas moins que le matériel choisi est longuement réfléchi en fonction des sujets pour que l'esthétique de mes images soit en adéquation avec le sujet photographié.

Par ailleurs je réalise d'importantes installations sculpturales ainsi que des films. Mes projets de photographie, de sculpture et de film communiquent entre eux. Depuis plusieurs décennies mes nombreuses expositions dans diverses institutions à l'international me permettent de mettre en scène et de faire interagir ces différents mediums.






1.     Vous avez beaucoup voyagé pour votre travail, quel est votre pays préféré et pourquoi ?

Tout au début de mon travail d’artiste, j’ai pris la décision de partir m’installer dans une toute autre culture au Maroc, à Casablanca, où j’ai vécu et réalisé mes premières expositions. C’est dans ce pays que j’ai commencé à m’intéresser aux fabriques, à la condition de l’homme au travail et à ses productions souvent micro industrielles ou artisanales. A la suite de cette première expérience, j’ai commencé à documenter par l’image des gestes, des situations, des objets, dans différents pays du pourtour méditerranéen. Ainsi a commencé à émerger un corpus d’images photographiques que je mettais en relation avec mes productions sculpturales dans des mises en espace. Mon intérêt pour les autres cultures n’a ensuite cessé de croître. Après avoir voyagé dans les Balkans et en Asie centrale, j’ai décidé de me confronter à deux géants : la Chine et l’Inde. Dès le début des années 2000, je savais que les transformations qui s’opéraient dans ces deux pays, à des échelles démesurées, allaient avoir un impact décisif sur l’évolution du monde. J’ai engagé mes réflexions et ma vie dans l’exploration et l’expérimentation de ces réalités, culturelles, politiques, sociales, à la fois si lointaines et si proches. Pour cela je n’ai eu de cesse de diversifier ma pratique en utilisant tous les outils plastiques, parmi lesquels la photographie a pris une place de plus en plus importante. 


1.     Malgré certaines images sombres de cette Chine en pleine mutation, le pays ne vous manque-t-il pas un peu ? Ne trouvez-vous pas que ce pays est attachant malgré ce qu’il s’y passe ?

La richesse culturelle de la Chine est immense et me fascine. Et mon travail témoigne de la disparition d’une civilisation exceptionnelle.

La Chine est un pays où je peux observer la négation de l’humain sous toutes ses formes. J’y rencontre des choses à la fois étrangères et familières. Au milieu du désastre, se manifestent les gestes, les signes d’une humanité qui résiste. 





1.     Pourquoi ce choix de travailler à l’argentique ?

Ce qui m’intéresse est de ne pas voir l’image dans l’immédiat. Avec l’argentique, je ne fais jamais plus de trois clichés sur un sujet alors que le numérique incite à un tout autre rapport à l’image : un rapport de prédation, de profusion, et seulement dans l’instant présent. Travailler en argentique est beaucoup plus risqué, au sens où l’image peut davantage nous échapper. Le processus de l’argentique a trait à l’empreinte, l’apparition. Et pour moi faire l’expérience du réel c’est prendre le temps de laisser advenir ce qui fera image. En ce sens, il me semble que la photographie argentique a à voir avec le temps de la peinture.


1.     Vous dîtes que vous pouvez passer plusieurs jours sans prendre de photo, et que le fait de prendre une photo n’est pas anodin. Comment choisissez-vous le bon moment pour prendre une photo ?

Ma démarche photographique nécessite de longues périodes de marche à travers les villes. Il se passe parfois plusieurs jours sans que je fasse une seule image. Il nait alors une grande tension intérieure jusqu’à ce qu’advienne la rencontre avec un morceau de réel, une personne, un paysage, un objet. Alors je fais image et j’éprouve une sorte d’accomplissement. Mais sans savoir. Dans un premier temps, l’accomplissement est vécu dans l’imaginaire. Et c’est dans le développement que l’image se révèle ou pas. Il peut y avoir déception et échec. Je conçois le medium photographique comme un « arte povera ». Il a longtemps été considéré comme n’étant pas un art, et encore aujourd’hui son statut est incertain, à la lisière du document ou de l’archive. 


1.     Vous choisissez de faire un travail engagé, n’est-ce pas ?

Pour moi tout bon artiste fait un travail engagé. Il s’agit pour moi de mettre en relation des contextes culturels a priori très éloignés les uns des autres, de faire surgir des similitudes, de m’intéresser aux flux, aux circulations des objets et des formes, et d’orchestrer des rapprochements. On est dans « Le Tout Monde » d’Edouard Glissant.

Discover n’est pas simplement un livre de photographies sur la Chine mais plus largement un livre sur l’état du monde que nous continuons d’habiter. 





1.    Vous dîtes que pour faire un portrait, il n’est parfois pas nécessaire de parler à la personne que vous souhaitez photographier, comment vous y prenez-vous ?

Je ne suis aucune règle. Ma démarche n’est pas figée. Elle s’adapte. Il y a une grande part d’improvisation sur le terrain.  Chaque situation est pour moi l’occasion de questionner ma démarche et mon rapport à l’autre. Certaines rencontres sont de véritables remises en question, parfois très perturbantes et par là même enrichissantes. Je peux parfois ne passer qu’un bref instant avec la personne que je photographie comme je peux passer un temps long avec elle.

Je n’aime pas le mot portrait. Il ne correspond pas à mon engagement vis-à-vis des réalités que j’approche. Le portrait pour moi est quelque chose qui fige l’identité de quelqu’un alors que tout se transforme sans cesse. Je m’intéresse davantage aux fluctuations, au flux, au mouvant, aux transformations silencieuses. Mes photographies en sont les fragments.  

Les personnes que je photographie sont toujours saisies, en prise avec leur environnement. Elles font corps avec lui. Le paysage parle pour elles.

Dans un environnement bouleversé comme la Chine, photographier des objets, des paysages est une façon de parler de la condition des femmes et des hommes qui y vivent. 




1.     

      Comment avez-vous choisi les œuvres présentées dans le livre Discover ? Parlez-nous de ce livre s’il vous plaît.

Pour moi, le livre est particulièrement adapté au medium photographique.  Il y a 120 images dans ce livre, choisies dans un corpus de 5000 clichés réalisés de 2004 à 2018 au cours de nombreux séjours dans plus d’une centaine de villes en Chine, souvent peu visitées par les étrangers.

En ouvrant le livre, on a d’abord le sentiment de débuter un voyage dans un pays lointain, puis progressivement une certaine familiarité s’installe. De longues séquences de paysages entrecoupées de focus sur des objets laissent soudainement place à un individu qui devient personnage. Au fil des pages et des images, un scénario se dessine, se construit. L’histoire d’un désastre que viennent entrecouper des éclats d’humanité. 



1.     Avez-vous d’autres choses à partager avec nos lecteurs ?

Je voudrais dire aussi que l’une des grandes qualités du livre, ce sont les poèmes d’Emmanuel Lincot qui viennent non pas illustrer mes images mais les prolonger, avec son regard de sinologue et d’écrivain. 


Il ne reste plus que quelques jours pour réunir les fonds nécessaires à la publication du livre, alors aidez-nous à concrétiser ce projet ! 

è https://fr.ulule.com/discover_ulule/



samedi 28 novembre 2020

Interview d’Emmanuel Lincot, sinologue et co-auteur du livre Discover

 

1.     Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours s’il vous plaît ?

Emmanuel Lincot : je me suis formé aux relations internationales et en tant que sinologue après avoir écrit une thèse sous la direction du philosophe François Jullien sur les rapports entre arts et pouvoirs dans le contexte de la Chine contemporaine. J’ai étudié également l’histoire de l’art à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes en étant diplômé de celle-ci et après avoir vécu plusieurs années en Chine, à Wuhan, où j’y ai fait notamment ma coopération en tant que lecteur de langue et de civilisation françaises. J’ai par ailleurs voyagé à travers l’ensemble des pays de l’Asie (de la Turquie au Japon) pendant près de dix ans.

 


Comment avez-vous rencontré François Daireaux et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce livre ensemble ? 

Emmanuel Lincot : François m’a contacté sur les réseaux sociaux car il souhaitait me voir rédiger un texte à caractère universitaire pour son livre. J’en étais très honoré car François est un très grand artiste mais au vu de ses photographies, celles-ci appelaient à une toute autre sorte de commentaires et sous la forme de poèmes en prose.  Je lis par ailleurs beaucoup de poésie. Chinoise, persane et indienne mais aussi française avec une très grande admiration pour l’œuvre de Pierre Emmanuel, Pierre Jean Jouve ou Jules Supervielle…C’était une façon aussi d’emprunter la voie de ces grands aînés.



Extrait de DISCOVER


Pourquoi avez-vous choisi le format de la poésie pour illustrer les photos présentées dans cet ouvrage ?

Emmanuel Lincot : parce qu’il s’agit d’un genre littéraire qui me paraissait le plus approprié pour établir un dialogue avec ces œuvres. La poésie a aussi un pouvoir de sensibilité et d’évocation dès lors où vous travaillez sur la musicalité des mots et leur puissance à la fois dans leur homophonie (et en langue chinoise, c’est souvent le cas) ou leur polysémie. Et puis, c’est une approche qui tient pleinement compte des éléments de contexte. La démarche du poète rejoint ici celle de l’historien. C’est un genre propice à la métaphore, à l’allusion comme à la critique. Et les Chinois ont souvent eu recours à la poésie aussi.


Quels liens avez-vous avec la Chine ? Y retournez-vous souvent ?

Emmanuel Lincot : la Chine est mon quotidien. Par la langue, la lecture, la pratique du taijiquan et tout simplement mon travail d’universitaire. Enfin, la Chine à travers sa culture est partout. En dehors de la pandémie, je m’y rends très souvent ainsi qu’à Taïwan qui est un autre creuset tout aussi intéressant. J’aime cette phrase du sinologue Simon Leys : « La Chine est l’autre pôle de l’expérience humaine ». Elle m’offre un salutaire décentrement à ce que je suis en tant qu’Européen.


Pouvez-vous nous en dire plus sur l’ouvrage Discover ?

Emmanuel Lincot : c’est un ouvrage majeur. Il est dans sa visée aussi important que celui édité par Robert Delpire sur l’œuvre du photographe Robert Frank (« The Americans ») ou encore celui du photographe (« Liu Zheng ») même si rétrospectivement « Discover » ajoute à cette approche humaniste partagée une dimension futurologiste. Car « Discover » annonce la pandémie en cours à sa manière mais aussi les révolutions urbaines dont la Chine est l’un des centres mondiaux. Ces révolutions s’accompagnent d’un enlaidissement irréversible de la société chinoise avec toutefois des résistances dont l’œuvre de François a su non seulement rendre compte mais aussi questionner. Esthétiquement, philosophiquement parlant, « Discover » fera date.  




Extrait de DISCOVER

Souhaitez-vous partager autre chose avec nos lecteurs ?

Emmanuel Lincot : « Discover » est une invitation au voyage dans l’une des sociétés les plus globalisées du monde, la Chine. On y trouve de l’horrible, de l’inédit, de l’humain, du grotesque. C’est un ouvrage qui se parcourt et se relit maintes fois. Il se redécouvrira aussi comme un témoignage pour les générations futures. Faites-en donc l’acquisition. C’est un viatique qui nous aide à méditer par temps de crise.



Note au lecteur : ce livre ne verra le jour que si les fonds nécessaires à sa publication sont réunis, alors participez à l’aventure et soutenez ce projet ! àhttps://fr.ulule.com/discover_ulule/



jeudi 19 novembre 2020

« DISCOVER », par François Daireaux et Emmanuel Lincot : À paraître … grâce à vous !

 Cela peut paraître très matérialiste, mais une de mes expériences les plus douloureuses de mon séjour en Chine en 2005 est sans doute le vol de mon ordinateur portable. Pas parce que cela coûtait cher à l’époque, mais plutôt parce que j’y avais stocké toutes mes photos depuis le début de mon séjour, c’est-à-dire presque un an à l’époque.

Etant arrivée en Chine sans en connaître ni la langue ni l’Histoire, tout ce que je voyais me fascinait car tout était nouveau pour moi.  Alors, de temps en temps, je prenais un bus au hasard, m’arrêtait à une station et l’objectif était de visiter le quartier et de retrouver mon chemin vers l’appartement que je partageais avec mes colocataires.

Mais surtout je prenais des photos.

Ce qui me fascinait le plus était les changements si rapides du paysage architectural de la ville mis en place en prévision des JO qui devaient avoir lieu quelques années plus tard. Mon site préféré, que je « mitraillais » tous les jours était le carrefour situé à la station de métro Donzhimen 东直où les grues et les chantiers pullulaient. J’avais l’impression de vivre un moment historique, tout en appréciant l’esthétisme qui se dégageait de ces échafaudages à perte de vue. Ces photos étaient pour moi ce que j’avais de plus précieux dans ce qui m’a été volé ce jour-là.

Plus tard, à Shanghai en 2013, je retrouvais ces chantiers dans les œuvres contemporaines des artistes chinois ou étrangers. Il y a en effet quelque chose d’à la fois magique et déroutant dans les ces images d’une Chine en perpétuelle transformation. Je retrouvais la même fascination pour les villes moins développées comme Hohhot 呼和浩 lors de mon voyage en Mongolie Intérieure.

La société chinoise est elle aussi en constante évolution, les mots à la mode étant remplacés par de nouvelles expressions en vogue chaque année.

Je raconte tout cela aujourd’hui car je voudrais partager et soutenir le projet de livre d’Emmanuel Lincot et François Daireaux qui ont lancé une campagne de crowdfunding pour la sortie de leur ouvrage dédié à cette Chine en pleine mutation : des photos à la fois pleines de sens et esthétiques, complétées de textes et de poèmes de M. Lincot. Les photos ont été prises par François Daireaux entre 2004 et 2018 dans les villes moins fréquentées par les étrangers et parsemées de chantiers de constructions. J’y retrouve pour ma part ce qui m’avait fasciné dans l’observation des chantiers à Dongzhimen à Pékin ou les sentiments éprouvés à Hohhot.

Emmanuel Lincot est quant à lui un grand sinologue, spécialiste de la géopolitique chinoise et de la Chine contemporaine. Il a écrit les textes de ce livre et a même composé des poèmes inspirés des photographies présentées.

J’espère donc que la campagne pour financer la parution de cet ouvrage atteindra son objectif et attends avec hâte cette potentielle parution !

Je vous invite donc à participer à ce projet d’ouvrage qui ne peut être qu’extraordinaire.

En effet, je pense que tous eux qui ont vécu en Chine par le passé ou même de nos jours se retrouveront dans ces clichés et ces descriptions de la société chinoise et les enjeux de ces transformations.   

Alors, si vous aussi vous avez vécu en Chine, ou si vous souhaitez découvrir les coulisses de son développement économique, rendez-vous sur la page ulule https://fr.ulule.com/discover_ulule/








samedi 7 novembre 2020

Interview de Christophe Comentale HDR Enseignant au Centre culturel chinois et à l'institut catholique de Paris, Conseiller scientifique au Musée chinois du quotidien, Conservateur en chef honoraire au Muséum national d'histoire naturelle

 

Comment êtes-vous devenu conservateur en chef au Musée de l’Homme ? Pouvez-vous nous raconter votre parcours s’il vous plaît ? Quel lien entretenez-vous avec la Chine ? Comment a commencé cette passion pour ce pays ?

▪ Enfant, j’ai eu, à plusieurs reprises, l’étonnement de voir face à moi, dans des revues, des publicités qui expliquaient en chinois des processus de soin, notamment des pieds. Une fois, justement, alors que j’étais seul dans une salle d’attente, un jour où ma mère consultait, j’ai déchiré la page mystérieuse. Je l’ai conservée plusieurs années, jusqu’au moment où, en seconde, j’ai pris le chinois comme langue optionnelle… La magie avait commencé d’opérer…

▪ ▪ Mais, en parallèle, j’ai commencé d’observer la Chine à partir de l’Italie – mes racines -, les séjours en Chine étaient peu satisfaisants alors. J’ai donc abordé le pays avec les écrits des premiers sinologues, les missionnaires, notamment italiens et fait un DEA et une thèse sur Matteo Ripa, missionnaire graveur à la Cour de l’empereur et introducteur de l’eau-forte en Chine. J’ai traduit la partie de ses Mémoires relatifs à cette technique.
▪▪▪ En parallèle aux études, j’ai, bien sûr, dû faire face à la nécessité de gagner ma vie. J’ai d’abord passé le concours de conservateur des bibliothèques et ai eu différentes affectations, l’une étant au Centre Pompidou où j’ai monté les fonds chinois et ceux de la médiathèque de langues. J’ai opté ensuite pour le patrimoine, ce qui a permis des postes variés, dont le travail au Musée du Vieux Palais de Taiwan, puis au Muséum national d’histoire naturelle, au département du musée de l’Homme où j’ai été chargé de mission pour la Chine et me suis spécialisé dans un premier temps sur le Néolithique chinois, l’étude était complétée par des fouilles sur site, puis, dans un deuxième, ai constitué des fonds d’images populaires chinoises. Là encore, vu le peu d’intérêt manifesté par l’institution pour ce sujet, j’ai préféré ensuite continuer l’aventure autrement, comme nous le verrons plus bas…

▪ ▪ ▪ ▪ Durant les années 80, après la fin de la Grande révolution culturelle prolétarienne (1966-1976), les frémissements d’ouverture du pays se faisaient de plus en plus précis. Parallèlement, je connaissais de plus en plus de chercheurs, d’intellectuels, de réfugiés chinois. J’ai jugé utile de monter une association afin de permettre des échanges bilatéraux entre nos deux pays. Ainsi l’ACEA (Association culturelle Europe-Asie) est née, qui a aidé aux premiers échanges épistolaires avec des artistes chinois, aux premières expositions de leurs œuvres, déjà sponsorisées par des institutions privées. Là encore, je n’ai pas fait vraiment de distinction entre mon travail et mon engagement associatif. Les choses se sont superposées assez naturellement au fil des rencontres, des échanges, des sensibilités, et, surtout, des volontés de réaliser des projets.

▪▪▪▪▪ En 1995, le ministère des Affaires étrangères avait besoin d’un conservateur sinisant, sinologue et historien de l’art pour étoffer son équipe en poste à l’Ambassade de France à Pékin. Il a fallu mener de front arts, audiovisuel, politique de la lecture, sciences humaines. J’avais, heureusement deux assistantes sinisantes et, elles aussi, passionnées par ce pays. Ainsi ont pu être invités des spécialistes de tous domaines pour des expositions, des colloques, des résidences. Comme beaucoup de mes semblables, les expositions continuaient chez moi pour préparer des articles et autres échanges. Ainsi est née la revue Avant-gardes qui montrait des artistes Est-Ouest. Avec le fort soutien du professeur de Lumley, alors directeur du Muséum, la coopération internationale en archéologie préhistorique a pris son envol et s’est concrétisée par une superbe exposition des Premiers peuplements au Musée de l’Homme. Pour les années France-Chine, j’ai pu monter des expositions Est-Ouest sur les images, des originaux et des multiples des deux pays, dans des musées de Hong Kong, Pékin, Paris.

Les choses ont ensuite évolué…



Vous avez ouvert votre propre musée n’est-ce pas ? Qu’est ce qui a motivé cette démarche ? 

 Depuis 1999 et jusqu’à 2018, j’ai été conservateur puis conservateur en chef au Muséum, des secteurs de recherches se sont succédé. Une habilitation à diriger des recherches me permet encore de rester directeur scientifique dans cette institution et d’encadrer des doctorants, tous sinisants. Leurs sujets sont autant co-centrés sur l’archéologie que sur l’histoire de l’art contemporain. Il n’empêche que j’ai constaté des manques importants sur le quotidien chinois dans les musées européens et aussi au Muséum. J’ai donc, en concertation avec Françoise Dautresme pu monter depuis 2018 un musée chinois du quotidien à Lodève. Un imposant bâtiment du 19e siècle a recueilli sur deux des trois niveaux du lieu quelque deux mille pièces qui comblent ce manque. Précisons qu’un nombre inférieur est exposé et le reliquat conservé dans les réserves. Lieu à statut associatif, avec une équipe restreinte, des expositions, des colloques animent cet espace unique qui a un niveau consacré aux expositions temporaires et aussi aux événements éphémères. Les autorités administratives montrent peu à peu un intérêt entier pour cette institution qui reste dynamique et montre des pièces inconnues au public entouré de musées de toutes sortes. Un comité scientifique constitué de collègues chercheurs de tous horizons étudie des pièces étonnantes. Des articles faisant le point sont ensuite publiés sur le blog science et art contemporain – lui aussi doté d’un comité de rédaction international. Ce lieu montre ainsi que le quotidien chinois est bien loin des clichés et stéréotypes auxquels le public européen est habitué. On trouve aussi bien des objets issus de l’agriculture que des jades à caractère thérapeutique, propitiatoire, des céramiques, des tissus, jeux et jouets, meubles et outils, instruments de musique, tous donnés par Françoise Dautresme. Des dons d’autres collectionneurs s’ajoutent doucement – et sont acceptés prudemment – au sein de ce lieu. Nous nous essayons patiemment à faire accepter ce lieu dans un contexte réglementaire autre. Patience et longueur de temps …

blog Sciences & art contemporain: http://alaincardenas.com/blog/



Dans votre livre sur « les images porte-bonheur populaires en Chine » vous faites une distinction entre l’art populaire et l’art en général, quelle est la différence selon vous ? 

J’ai, très tôt, été conquis par l’esthétique des objets chinois de toutes sortes : les formes, les couleurs, la logique qui a présidé à leur conception, à leur diffusion, autant de critères maîtrisés avec un sens inné de la création. Dans un texte souvent cité, Françoise Dautresme définit ainsi l’objet chinois : « Il ne viendrait pas à l’idée d’un Chinois de fabriquer quelque chose de laid. Pour lui, un objet beau étant un objet bien fabriqué, et l’objet bien fabriqué étant un objet utile, seul l’utile est beau et le beau est forcément utile. L’économie dicte le geste. L’artisan prend ses ordres auprès du matériau. Le matériau donne une seule réponse. Le génie va de pair avec la récupération. Et comme en Chine tout se tient et que les contraires font bon ménage, on admet qu’une maison et sa cour, correctement orientées, représentent le monde, que trois perspectives opposées puissent coexister sur une peinture de paysan, que tous les matériaux aient le droit d’exister, que la langue écrite soit un artisanat qui rend service à la réalité des choses et que le mot soit fabriqué comme un objet ». [Françoise Dautresme, Le voyage en Chine, Paris : FD, 1976]. Je crois, qu’implicitement, j’ai partagé ce même jugement sur les objets chinois et aussi sur la place de l’art dit populaire. Alors qu’une modernisation intense se fait jour en Chine depuis l’ouverture économique qu’accompagne un enrichissement de la population atteinte d’une boulimie de consommation qui n’a rien à envier à la France des années 60, des objets traditionnels disparaissent, certes, mais les motifs qui les ornent, des motifs, pour la plupart, propitiatoires, restent toujours aussi importants et magiques aux yeux du grand nombre. Les objets, articles, accessoires édités, produits, créés pour les fêtes les plus diverses, pour le plaisir de travailler les formes, de charmer, divertir, ne cessent de véhiculer des surprises et une fascination constante.




En effet vous vous intéressez à l’art mais aussi à l’art du quotidien en général, pourquoi ce choix ? Quels trésors recèlent ces arts du quotidien selon vous que l’on ne peut retrouver dans l’art dont « le souci esthétique » est la seule finalité comme vous l’écrivez ?  

Cet art dit du quotidien, il n’est pas seulement synonyme d’art de la modestie tant par l’emploi des matériaux que par leur sublimation. On trouve des créations d’œuvres sur papier, tissu, des pierres dures, en particulier le jade, des bijoux de toutes sortes. Ils collent à tous les aspects de la vie sociale. Comme l’a bien vu et vécu Françoise Daustreme, éminence grise de son cousin François, le fondateur de la CFOC, le souci esthétique de l’art pour l’art que le président Mao Zedong voulait éradiquer s’est transformé en une approche plus modérée qui convient, en fait, à tout un chacun en utilisant, sans honte, des matériaux de toutes sortes, voire de rebut, comme ces collages réalisés avec des tissus de toutes provenances.
Parmi les vitrines qui distillent ces objets, les formes étranges des pierres, des bois, de même que des céramiques monochromes ou bleu et blanc produites, à l’origine, en grand nombre, reflètent un art, une joie de vivre…


Le livre « Cent ans d’art chinois » est une véritable mine d’or, mais avez-vous un artiste préféré ? Ou un courant que vous affectionnez plus particulièrement ? 

Aimer l’objet du quotidien n’empêche nullement d’apprécier d’autres branches de la création telles la peinture, la sculpture, le dessin, les estampages, les installations, la vidéo… Au fil des séminaires que je dirige, des cours que je donne, des conférences que je propose ici et là, je me suis aperçu que nombre d’artistes étaient ignorés, sacrifiés par le marché de l’art. Pourquoi un choix unique ? J’ai donc depuis plusieurs décennies continué mes échanges avec des collègues d’autres musées, avec des artistes qui m’expliquaient leur problématique. Il était primordial de compléter ces dialogues par des séjours nombreux dans différents endroits du pays, autant dans les marchés aux puces que dans les boutiques, galeries ou en allant rendre visite à des artisans. Confronter toutes ces images a semblé parfois incongru à certains de mes collègues, mais je remarque que les étudiants, les curieux, les collectionneurs se retrouvent dans cet éternel puzzle que les goûts humains associent / dissocient à un moment donné.

Ainsi dix ans après la parution – en 2010 – de la première édition de ce livre, en fin d’année [2020], une édition revue et augmentée va paraître, qui rassemble des inconnus et des artistes révérés par le marché de l’art. Un historien de l’art est une sorte d’entomologiste qui recueille des échantillons et qui réfléchit ensuite à leur spécificité. Jamais il n’aime ou ne déteste une œuvre, ou alors, il se garde bien de le dire…

Dans l’atelier de Liu Xiaodong, Pékin

Ce livre est un petit bijou, à l’image des nombreuses œuvres qu’il présente !



Souhaitez-vous partager quelque chose en particulier avec nos lecteurs ? 

Traiter de l’art est, certes, intéressant, voir comment, avec le temps qui passe, les choses lui résistent, périssent, comment elles se répartissent selon les classes sociales, va me permettre d’autres publications nées de la familiarité avec les arts dits décoratifs, ils sont, eux aussi, une forme d’objets du quotidien, négligés souvent par les raisons les plus diverses.


Le musée chinois du quotidien sera un peu une façon de voir comment les objets existent et restent indispensables à l’homme. Les visiteurs qui reviennent en sont un témoignage vivant.



dimanche 25 octobre 2020

Interview de Catherine Mathieu, Directrice administrative et technique de la Maison de la Recherche à L’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO)

 




1.      Bonjour pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît et nous raconter votre parcours ?

Mon parcours est long maintenant…

J’ai commencé des études de langues et de civilisations chinoises et espagnoles ! J’ai toujours, et je le reste, intéressée par l’Amérique latine. La Chine contemporaine me fascinait. J’ai donc entrepris des études dans ces deux domaines.

Puis à l’issue de ma Maîtrise d’études chinoises, je suis partie en République populaire de Chine grâce à une bourse des deux gouvernements (chinois et français).



1.      Vous avez vécu en Chine dans les années 80, qu’est ce qui vous a le plus marquée en arrivant sur le territoire chinois ?

Oui, je suis arrivée en Chine, à Pékin, en septembre 1982 et j’y suis restée jusqu’en janvier 1985. J’ai (très peu étudié), travaillé et beaucoup voyagé. Pour moi, c’était découvrir le pays dont j’avais étudié l’histoire, l’économie, la politique. C’était passionnant !

J’y ai rencontré de nombreux latino-américains, je suivais mes deux passions.




1.      Quel est votre endroit préféré en Chine ?

J‘adore le nord de la Chine : Pékin bien sûr, mais aussi la région Datong, la région de Xi’an. Plus au centre, le Sichuan et au sud : le Yun nan.

Mais mon coup de cœur se porte vers la Chine des marges : le Xin Jiang. Je suis allée jusqu’à Kashgar en 1984. C’était simplement magique, plus Turfan, puis en revenant vers l’est la province du Qinghai. Cela fait longtemps, mais j’en garde un souvenir magnifique.



1.      Qu’est ce qui a changé le plus selon vous ?  Est-ce que la société chinoise a changé également ?

Je n’y suis pas retournée régulièrement. Juste une fois il y a déjà une dizaine d’année, je suis retournée à Pékin, Xi’an, Beidai He, Chengde, Datong, etc.

Les changements étaient incroyables ! J’ai beaucoup apprécié ce voyage dans une Chine plus moderne, où il était plus aisé de discuter avec les gens. Mais on sent que la vie n’y est pas toujours simple…


1.      

      Vous avez séjourné dans d’autres pays d’Asie, quel a été le séjour le plus marquant ?

Oui j’ai travaillé à Hanoi 5 ans et j’ai pu découvrir ce pays, ainsi que le Laos, la Thaïlande et la Malaisie.

J’aime beaucoup le Vietnam et le Laos. Ce sont deux pays extrêmement différents mais qui m’ont passionnée tous les deux.




1.      Parlons maintenant de l’Inalco, cette université a été créée au XVIIIème siècle et est en constante évolution, n’est-ce pas ?

L’INALCO a beaucoup évolué depuis les années 90. Des filières professionnelles, de nouveaux diplômes à finalité professionnelle, des formations pour les salariés, de nouveaux axes de recherches y sont développés.
Pourtant c’est un établissement encore trop peu connu du grand public et c’est très dommage.



1.      Par rapport à votre expérience au sein de cette institution, qu’est ce qui a changé en général depuis votre arrivée ?

L’INALCO a connu une évolution parfois à marche forcée par notre ministère de tutelle. Pour ma part, il me semble que l’INALCO y a gagné car il est mieux intégré qu’avant à l’offre de formation universitaire et aux axes français et internationaux de la recherche scientifique académique.

 

2.      L’Inalco est un lieu comme on n’en trouve nulle part ailleurs à Paris avec cette ouverture d’esprit caractéristique, est-ce toujours vrai ?

L’arrivée de 95% des services et des formations sur le site du 13ème arrondissement a énormément participé à cette plus grande ouverture.

Non seulement les formations se sont développées comme je le disais plus haut, mais tout le monde se côtoie dorénavant : enseignants bien sûr, mais les étudiants. Cela révèle une richesse qui apparaissait moins lorsque nous étions répartis sur 6 sites.



1.      Sinon y a-t-il d’autres choses que vous souhaitez partager avec nos lecteurs ?

Parallèlement à ses formations, l’INALCO organise de nombreuses diffusions de films, de nombreuses conférences d’un très haut niveau académique.

Il y a également l’Inalcuturelle où les étudiants proposent des pièces de théâtres, des expositions, des cuisines du monde, des chorales de toutes les parties du monde.

Grâce à ces deux types d’événements, le public peut mieux comprendre la culture, la société, etc. des pays s’étendant de l’Europe centrale et orientale à l‘Extrême-Orient en passant par le proche et Moyen-Orient et l’Afrique sub-saharienne ; ainsi que la culture inuit et latino-américaine.
Autant dire que l’INALCO est un lieu unique en France, en Europe voire plus encore.


1.     Pour finir, pouvez-vous nous montrer quelques images du bâtiment rénové, grâce à votre travail ?













dimanche 20 septembre 2020

Visite de la Pagode de Sèvres

A peine arrivé, on est tout de suite happé par l’odeur d’encens qui émane de la pagode, en plus de la surprise de se retrouver face à un bâtiment d’architecture complètement asiatique, coincé entre des immeubles et des habitations occidentales.

On entre et on est tout de suite accueilli par un Bouddha doré couché, mais aussi un étang avec des nénuphars situé derrière une sorte de vasque à encens typique.

Le premier étage est réservé aux habitants de la Pagode, mais on peut visiter le deuxième et troisième étages. On y est accueilli par des Français d’origines vietnamiennes très chaleureux. Il faut juste savoir que les photos à l’intérieur sont interdites. Il faut aussi, comme en Asie, retirer ses chaussures à l’entrée. Si l’on veut aller au troisième étage, on peut même emprunter des « tongs» en libre-service.

J’y ai retrouvé des habitudes chinoises que j’avais observées lorsque j’habitais en Chine : les « slippers » ou tongs, mais aussi les enveloppes rouges, la déesse Guanyin, l’architecture…

Il y a aussi bien sûr les offrandes qui peuvent être soit des fruits soit des fleurs, notamment des orchidées.

Au deuxième étage, les vitraux sont aussi à noter, car ils sont d’une rare finesse. On y retrouve tous les objets liés aux cultes bouddhistes : la grosse cloche, le tambour, les bougies, l’encens bien sûr, mais aussi le Dieu Ganesh, des urnes funéraires, et des livres de prière en vietnamien.

En fait la Pagode est là, comme le disent les femmes de l’accueil, pour tous les bouddhistes, quelles que soient leurs croyances et quelle que soit la branche du bouddhisme qu’ils pratiquent.

Ce qui est très utile est la fiche de présentation donnée à l’entrée du deuxième étage qui explique toutes les significations des bouddhas, figurines, et autres objets de culte. 

Par ailleurs, j’ai pu me procurer un livre sur le bouddhisme édité par Youfeng en chinois et français, une affiche de Guanyin et un diffuseur de prières chantées pour trois fois rien, puisque l’on donne ce que l’on souhaite comme offrande, même si l’on emporte des « goodies ». 

En bref, en plus de l’accueil chaleureux, c’est un vrai havre de paix et de quiétude, avis aux anxieux ou stressés par la vie parisienne ! 😉