Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Chacun vit ses expériences en Chine ou liées à la Chine différemment. Aussi découvrez celles qui jalonnent mon parcours, depuis mon premier séjour à Pékin en 2005, jusqu'aux récentes rencontres d'experts et de grands sinologues aujourd'hui !
Bienvenue !
Ceci est un blog sur tout ce qui m'intéresse par rapport à la Chine, ça peut être du digital, du champagne, des expositions d'art contemporain chinois... Vous trouverez aussi quelques récits de mes voyages là-bas !
jeudi 22 avril 2021
Interview de Laetitia Chhiv, Présidente de l’AJCF Association des Jeunes Chinois de France
lundi 30 novembre 2020
Interview de François Daireaux, artiste et co-auteur du livre DISCOVER
Pouvez-vous vous présenter et nous
raconter votre parcours ?
Mon travail de photographe se compose à partir de voyages. Depuis près de vingt-cinq ans, je pars dans des pays que je ne connais pas au départ, toujours seul, pour en tirer une expérience qui prend ensuite lentement forme. Mes incursions dans des territoires inconnus – dont je ne maîtrise souvent au départ que très approximativement la langue – me permettent de faire littéralement corps avec les moments que je rencontre et de m'intéresser à des niveaux de réalité parfois minuscules, égarés en marge des grands événements. J’observe des situations très locales et réfléchis leurs modes de subsistance dans un monde globalisé. Je travaille comme un glaneur de formes, de situations et d’images. Et c’est en insistant, en persistant dans cet exercice pugnace et solitaire que les éléments trouvent progressivement leur place dans mon langage. Plusieurs obsessions habitent mes œuvres ; la transformation de la matière, l'apparition soudaine des formes et les gestes qui l'accompagnent. Pour moi, photographier c’est percevoir et c’est par là même entretenir une grande proximité avec le monde. Le fait d'être seul me permet d'être au plus proche des gens que je rencontre. Chaque série photographique est pour moi une réelle expérience de vie et l'occasion de faire évoluer mes questionnements autour de la condition humaine dans des pays en pleine mutation économique, sociale et politique. Pour être au plus juste avec les contextes sociaux souvent très pauvres auxquels je me confronte, j'utilise un matériel léger et discret. Il n'en demeure pas moins que le matériel choisi est longuement réfléchi en fonction des sujets pour que l'esthétique de mes images soit en adéquation avec le sujet photographié.
Par ailleurs je réalise d'importantes installations sculpturales ainsi que des films. Mes projets de photographie, de sculpture et de film communiquent entre eux. Depuis plusieurs décennies mes nombreuses expositions dans diverses institutions à l'international me permettent de mettre en scène et de faire interagir ces différents mediums.
1. Vous avez beaucoup voyagé pour votre
travail, quel est votre pays préféré et pourquoi ?
Tout au début de mon travail d’artiste, j’ai pris la
décision de partir m’installer dans une toute autre culture au Maroc, à
Casablanca, où j’ai vécu et réalisé mes premières expositions. C’est dans ce
pays que j’ai commencé à m’intéresser aux fabriques, à la condition de l’homme
au travail et à ses productions souvent micro industrielles ou artisanales. A
la suite de cette première expérience, j’ai commencé à documenter par l’image
des gestes, des situations, des objets, dans différents pays du pourtour
méditerranéen. Ainsi a commencé à émerger un corpus d’images photographiques
que je mettais en relation avec mes productions sculpturales dans des mises en
espace. Mon intérêt pour les autres cultures n’a ensuite cessé de croître. Après
avoir voyagé dans les Balkans et en Asie centrale, j’ai décidé de me confronter à
deux géants : la Chine et l’Inde. Dès le début des années 2000, je savais
que les transformations qui s’opéraient dans ces deux pays, à des échelles
démesurées, allaient avoir un impact décisif sur l’évolution du monde. J’ai
engagé mes réflexions et ma vie dans l’exploration et l’expérimentation de ces
réalités, culturelles, politiques, sociales, à la fois si lointaines et si
proches. Pour cela je n’ai eu de cesse de diversifier ma pratique en utilisant
tous les outils plastiques, parmi lesquels la photographie a pris une place de
plus en plus importante.
1. Malgré certaines images sombres de cette
Chine en pleine mutation, le pays ne vous manque-t-il pas un peu ? Ne
trouvez-vous pas que ce pays est attachant malgré ce qu’il s’y passe ?
La richesse culturelle de la Chine est immense et me fascine.
Et mon travail témoigne de la disparition d’une civilisation exceptionnelle.
La Chine est un pays où je peux observer la négation de
l’humain sous toutes ses formes. J’y rencontre des choses à la fois étrangères
et familières. Au milieu du désastre, se manifestent les gestes, les signes
d’une humanité qui résiste.
1. Pourquoi ce choix de travailler à l’argentique ?
Ce qui m’intéresse est de ne pas voir l’image dans
l’immédiat. Avec l’argentique, je ne fais jamais plus de trois clichés sur un
sujet alors que le numérique incite à un tout autre rapport à l’image : un
rapport de prédation, de profusion, et seulement dans l’instant présent.
Travailler en argentique est beaucoup plus risqué, au sens où l’image peut davantage
nous échapper. Le processus de l’argentique a trait à l’empreinte, l’apparition.
Et pour moi faire l’expérience du réel c’est prendre le temps de laisser
advenir ce qui fera image. En ce sens, il me semble que la photographie argentique
a à voir avec le temps de la peinture.
1. Vous dîtes que vous pouvez passer plusieurs jours sans prendre de photo, et que le fait de prendre une photo n’est pas anodin. Comment choisissez-vous le bon moment pour prendre une photo ?
Ma démarche photographique nécessite de longues périodes de marche
à travers les villes. Il se passe parfois plusieurs jours sans que je fasse une
seule image. Il nait alors une grande tension intérieure jusqu’à ce qu’advienne
la rencontre avec un morceau de réel, une personne, un paysage, un objet. Alors
je fais image et j’éprouve une sorte d’accomplissement. Mais sans savoir. Dans
un premier temps, l’accomplissement est vécu dans l’imaginaire. Et c’est dans
le développement que l’image se révèle ou pas. Il peut y avoir déception et
échec. Je conçois le medium photographique comme un « arte povera ». Il
a longtemps été considéré comme n’étant pas un art, et encore aujourd’hui son statut est incertain, à la lisière du document ou de l’archive.
1. Vous choisissez de faire un travail
engagé, n’est-ce pas ?
Pour moi tout bon artiste fait un travail engagé. Il s’agit
pour moi de mettre en relation des contextes culturels a priori très éloignés les
uns des autres, de faire surgir des similitudes, de m’intéresser aux flux, aux
circulations des objets et des formes, et d’orchestrer des rapprochements. On
est dans « Le Tout Monde » d’Edouard Glissant.
Discover n’est pas simplement un livre de
photographies sur la Chine mais plus largement un livre sur l’état du monde que
nous continuons d’habiter.
1. Vous dîtes que pour faire un portrait, il
n’est parfois pas nécessaire de parler à la personne que vous souhaitez
photographier, comment vous y prenez-vous ?
Je ne suis aucune règle. Ma démarche n’est pas figée. Elle s’adapte.
Il y a une grande part d’improvisation sur le terrain. Chaque situation est pour moi l’occasion de
questionner ma démarche et mon rapport à l’autre. Certaines rencontres sont de
véritables remises en question, parfois très perturbantes et par là même enrichissantes.
Je peux parfois ne passer qu’un bref instant avec la personne que je
photographie comme je peux passer un temps long avec elle.
Je n’aime pas le mot portrait. Il ne correspond pas à mon
engagement vis-à-vis des réalités que j’approche. Le portrait pour moi est
quelque chose qui fige l’identité de quelqu’un alors que tout se transforme
sans cesse. Je m’intéresse davantage aux fluctuations, au flux, au mouvant, aux
transformations silencieuses. Mes photographies en sont les fragments.
Les personnes que je photographie sont toujours saisies, en
prise avec leur environnement. Elles font corps avec lui. Le paysage parle pour
elles.
Dans un environnement bouleversé comme la Chine,
photographier des objets, des paysages est une façon de parler de la condition
des femmes et des hommes qui y vivent.
1.
Comment avez-vous choisi les œuvres
présentées dans le livre Discover ? Parlez-nous de ce livre s’il vous
plaît.
Pour moi, le livre est particulièrement adapté au medium
photographique. Il y a 120 images dans
ce livre, choisies dans un corpus de 5000 clichés réalisés de 2004 à 2018 au
cours de nombreux séjours dans plus d’une centaine de villes en Chine, souvent
peu visitées par les étrangers.
En ouvrant le livre, on a d’abord le sentiment de débuter un
voyage dans un pays lointain, puis progressivement une certaine familiarité
s’installe. De longues séquences de paysages entrecoupées de focus sur des
objets laissent soudainement place à un individu qui devient personnage. Au fil
des pages et des images, un scénario se dessine, se construit. L’histoire d’un
désastre que viennent entrecouper des éclats d’humanité.
1. Avez-vous d’autres choses à partager avec
nos lecteurs ?
Je voudrais dire aussi que l’une des grandes qualités du
livre, ce sont les poèmes d’Emmanuel Lincot qui viennent non pas illustrer mes
images mais les prolonger, avec son regard de sinologue et d’écrivain.
Il ne reste plus que quelques jours pour réunir les fonds nécessaires à la publication du livre, alors aidez-nous à concrétiser ce projet !
è https://fr.ulule.com/discover_ulule/
samedi 28 novembre 2020
Interview d’Emmanuel Lincot, sinologue et co-auteur du livre Discover
1. Pouvez-vous
vous présenter et nous raconter votre parcours s’il vous plaît ?
Emmanuel
Lincot : je me suis formé aux relations internationales et en tant que
sinologue après avoir écrit une thèse sous la direction du philosophe François
Jullien sur les rapports entre arts et pouvoirs dans le contexte de la Chine
contemporaine. J’ai étudié également l’histoire de l’art à l’Ecole Pratique des
Hautes Etudes en étant diplômé de celle-ci et après avoir vécu plusieurs années
en Chine, à Wuhan, où j’y ai fait notamment ma coopération en tant que lecteur
de langue et de civilisation françaises. J’ai par ailleurs voyagé à travers
l’ensemble des pays de l’Asie (de la Turquie au Japon) pendant près de dix ans.
Comment
avez-vous rencontré François Daireaux et qu’est-ce qui vous a donné envie de
faire ce livre ensemble ?
Emmanuel
Lincot : François m’a contacté sur les réseaux sociaux car il souhaitait
me voir rédiger un texte à caractère universitaire pour son livre. J’en étais
très honoré car François est un très grand artiste mais au vu de ses
photographies, celles-ci appelaient à une toute autre sorte de commentaires et
sous la forme de poèmes en prose. Je lis
par ailleurs beaucoup de poésie. Chinoise, persane et indienne mais aussi
française avec une très grande admiration pour l’œuvre de Pierre Emmanuel,
Pierre Jean Jouve ou Jules Supervielle…C’était une façon aussi d’emprunter la
voie de ces grands aînés.
Pourquoi
avez-vous choisi le format de la poésie pour illustrer les photos présentées
dans cet ouvrage ?
Emmanuel Lincot : parce qu’il s’agit d’un genre littéraire qui me paraissait le plus approprié pour établir un dialogue avec ces œuvres. La poésie a aussi un pouvoir de sensibilité et d’évocation dès lors où vous travaillez sur la musicalité des mots et leur puissance à la fois dans leur homophonie (et en langue chinoise, c’est souvent le cas) ou leur polysémie. Et puis, c’est une approche qui tient pleinement compte des éléments de contexte. La démarche du poète rejoint ici celle de l’historien. C’est un genre propice à la métaphore, à l’allusion comme à la critique. Et les Chinois ont souvent eu recours à la poésie aussi.
Quels
liens avez-vous avec la Chine ? Y retournez-vous souvent ?
Emmanuel
Lincot : la Chine est mon quotidien. Par la langue, la lecture, la
pratique du taijiquan et tout simplement mon travail d’universitaire. Enfin, la
Chine à travers sa culture est partout. En dehors de la pandémie, je m’y rends
très souvent ainsi qu’à Taïwan qui est un autre creuset tout aussi intéressant.
J’aime cette phrase du sinologue Simon Leys : « La Chine est l’autre
pôle de l’expérience humaine ». Elle m’offre un salutaire décentrement à
ce que je suis en tant qu’Européen.
Pouvez-vous
nous en dire plus sur l’ouvrage Discover ?
Emmanuel Lincot : c’est un ouvrage majeur. Il est dans sa visée aussi important que celui édité par Robert Delpire sur l’œuvre du photographe Robert Frank (« The Americans ») ou encore celui du photographe (« Liu Zheng ») même si rétrospectivement « Discover » ajoute à cette approche humaniste partagée une dimension futurologiste. Car « Discover » annonce la pandémie en cours à sa manière mais aussi les révolutions urbaines dont la Chine est l’un des centres mondiaux. Ces révolutions s’accompagnent d’un enlaidissement irréversible de la société chinoise avec toutefois des résistances dont l’œuvre de François a su non seulement rendre compte mais aussi questionner. Esthétiquement, philosophiquement parlant, « Discover » fera date.
Souhaitez-vous partager autre chose avec nos lecteurs ?
Emmanuel Lincot : « Discover » est une invitation au voyage dans l’une des sociétés les plus globalisées du monde, la Chine. On y trouve de l’horrible, de l’inédit, de l’humain, du grotesque. C’est un ouvrage qui se parcourt et se relit maintes fois. Il se redécouvrira aussi comme un témoignage pour les générations futures. Faites-en donc l’acquisition. C’est un viatique qui nous aide à méditer par temps de crise.
Note au lecteur : ce livre ne verra le jour que si les fonds nécessaires à sa publication sont réunis, alors participez à l’aventure et soutenez ce projet ! àhttps://fr.ulule.com/discover_ulule/
jeudi 19 novembre 2020
« DISCOVER », par François Daireaux et Emmanuel Lincot : À paraître … grâce à vous !
Cela peut paraître très matérialiste, mais une de mes expériences les plus douloureuses de mon séjour en Chine en 2005 est sans doute le vol de mon ordinateur portable. Pas parce que cela coûtait cher à l’époque, mais plutôt parce que j’y avais stocké toutes mes photos depuis le début de mon séjour, c’est-à-dire presque un an à l’époque.
Etant
arrivée en Chine sans en connaître ni la langue ni l’Histoire, tout ce que je
voyais me fascinait car tout était nouveau pour moi. Alors, de temps en temps, je prenais un bus
au hasard, m’arrêtait à une station et l’objectif était de visiter le quartier et
de retrouver mon chemin vers l’appartement que je partageais avec mes
colocataires.
Mais
surtout je prenais des photos.
Ce
qui me fascinait le plus était les changements si rapides du paysage
architectural de la ville mis en place en prévision des JO qui devaient avoir
lieu quelques années plus tard. Mon site préféré, que je
« mitraillais » tous les jours était le carrefour situé à la station
de métro Donzhimen 东直门 où les grues et les chantiers
pullulaient. J’avais l’impression de vivre un moment historique, tout en
appréciant l’esthétisme qui se dégageait de ces échafaudages à perte de vue.
Ces photos étaient pour moi ce que j’avais de plus précieux dans ce qui m’a été
volé ce jour-là.
Plus
tard, à Shanghai en 2013, je retrouvais ces chantiers dans les œuvres
contemporaines des artistes chinois ou étrangers. Il y a en effet quelque chose
d’à la fois magique et déroutant dans les ces images d’une Chine en perpétuelle
transformation. Je retrouvais la même fascination pour les villes moins
développées comme Hohhot 呼和浩特 lors de mon voyage
en Mongolie Intérieure.
La
société chinoise est elle aussi en constante évolution, les mots à la mode étant
remplacés par de nouvelles expressions en vogue chaque année.
Je
raconte tout cela aujourd’hui car je voudrais partager et soutenir le projet de
livre d’Emmanuel Lincot et François Daireaux qui ont lancé une campagne de
crowdfunding pour la sortie de leur ouvrage dédié à cette Chine en pleine
mutation : des photos à la fois pleines de sens et esthétiques, complétées
de textes et de poèmes de M. Lincot. Les photos ont été prises par François
Daireaux entre 2004 et 2018 dans les villes moins fréquentées par les étrangers
et parsemées de chantiers de constructions. J’y retrouve pour ma part ce qui
m’avait fasciné dans l’observation des chantiers à Dongzhimen à Pékin ou les
sentiments éprouvés à Hohhot.
Emmanuel
Lincot est quant à lui un grand sinologue, spécialiste de la géopolitique
chinoise et de la Chine contemporaine. Il a écrit les textes de ce livre et a
même composé des poèmes inspirés des photographies présentées.
J’espère
donc que la campagne pour financer la parution de cet ouvrage atteindra son
objectif et attends avec hâte cette potentielle parution !
Je
vous invite donc à participer à ce projet d’ouvrage qui ne peut être
qu’extraordinaire.
En
effet, je pense que tous eux qui ont vécu en Chine par le passé ou même de nos
jours se retrouveront dans ces clichés et ces descriptions de la société
chinoise et les enjeux de ces transformations.
Alors,
si vous aussi vous avez vécu en Chine, ou si vous souhaitez découvrir les
coulisses de son développement économique, rendez-vous sur la page ulule https://fr.ulule.com/discover_ulule/
samedi 7 novembre 2020
Interview de Christophe Comentale HDR Enseignant au Centre culturel chinois et à l'institut catholique de Paris, Conseiller scientifique au Musée chinois du quotidien, Conservateur en chef honoraire au Muséum national d'histoire naturelle
▪ ▪ Mais, en parallèle, j’ai commencé d’observer la Chine à partir de l’Italie – mes racines -, les séjours en Chine étaient peu satisfaisants alors. J’ai donc abordé le pays avec les écrits des premiers sinologues, les missionnaires, notamment italiens et fait un DEA et une thèse sur Matteo Ripa, missionnaire graveur à la Cour de l’empereur et introducteur de l’eau-forte en Chine. J’ai traduit la partie de ses Mémoires relatifs à cette technique.
blog Sciences & art contemporain: http://alaincardenas.com/blog/
Parmi les vitrines qui distillent ces objets, les formes étranges des pierres, des bois, de même que des céramiques monochromes ou bleu et blanc produites, à l’origine, en grand nombre, reflètent un art, une joie de vivre…
Ainsi dix ans après la parution – en 2010 – de la première édition de ce livre, en fin d’année [2020], une édition revue et augmentée va paraître, qui rassemble des inconnus et des artistes révérés par le marché de l’art. Un historien de l’art est une sorte d’entomologiste qui recueille des échantillons et qui réfléchit ensuite à leur spécificité. Jamais il n’aime ou ne déteste une œuvre, ou alors, il se garde bien de le dire…
Traiter de l’art est, certes, intéressant, voir comment, avec le temps qui passe, les choses lui résistent, périssent, comment elles se répartissent selon les classes sociales, va me permettre d’autres publications nées de la familiarité avec les arts dits décoratifs, ils sont, eux aussi, une forme d’objets du quotidien, négligés souvent par les raisons les plus diverses.
Le musée chinois du quotidien sera
un peu une façon de voir comment les objets existent et restent indispensables
à l’homme. Les visiteurs qui reviennent en sont un témoignage vivant.
dimanche 25 octobre 2020
Interview de Catherine Mathieu, Directrice administrative et technique de la Maison de la Recherche à L’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO)
1.
Bonjour pouvez-vous vous présenter s’il
vous plaît et nous raconter votre parcours ?
Mon parcours est long maintenant…
J’ai commencé des études de langues et de civilisations
chinoises et espagnoles ! J’ai toujours, et je le reste, intéressée par
l’Amérique latine. La Chine contemporaine me fascinait. J’ai donc entrepris des études dans ces deux domaines.
Puis à l’issue de ma Maîtrise d’études chinoises, je suis
partie en République populaire de Chine grâce à une bourse des deux
gouvernements (chinois et français).
1.
Vous avez vécu en Chine dans les années
80, qu’est ce qui vous a le plus marquée en arrivant sur le
territoire chinois ?
Oui, je suis arrivée en Chine, à Pékin, en septembre 1982 et
j’y suis restée jusqu’en janvier 1985. J’ai (très peu étudié), travaillé et
beaucoup voyagé. Pour moi, c’était découvrir le pays dont j’avais étudié
l’histoire, l’économie, la politique. C’était passionnant !
J’y ai rencontré de nombreux latino-américains, je suivais
mes deux passions.
1.
Quel est votre endroit préféré en
Chine ?
J‘adore le nord de la Chine : Pékin bien sûr, mais
aussi la région Datong, la région de Xi’an. Plus au centre, le Sichuan et au
sud : le Yun nan.
Mais mon coup de cœur se porte vers la Chine des
marges : le Xin Jiang. Je suis allée jusqu’à Kashgar en 1984. C’était
simplement magique, plus Turfan, puis en revenant vers l’est la province du
Qinghai. Cela fait longtemps, mais j’en garde un souvenir magnifique.
1.
Qu’est ce qui a changé le plus selon
vous ? Est-ce que la société
chinoise a changé également ?
Je n’y suis pas retournée régulièrement. Juste une fois il y a
déjà une dizaine d’année, je suis retournée à Pékin, Xi’an, Beidai He, Chengde,
Datong, etc.
Les changements étaient incroyables ! J’ai beaucoup
apprécié ce voyage dans une Chine plus moderne, où il était plus aisé de
discuter avec les gens. Mais on sent que la vie n’y est pas toujours simple…
1.
Vous avez séjourné dans d’autres pays
d’Asie, quel a été le séjour le plus marquant ?
Oui j’ai travaillé à Hanoi 5 ans et j’ai pu découvrir ce
pays, ainsi que le Laos, la Thaïlande et la Malaisie.
J’aime beaucoup le Vietnam et le Laos. Ce sont deux pays
extrêmement différents mais qui m’ont passionnée tous les deux.
1. Parlons maintenant de l’Inalco, cette université a été créée au XVIIIème siècle et est en constante évolution, n’est-ce pas ?
1.
Par rapport à votre expérience au sein de
cette institution, qu’est ce qui a changé en général depuis votre arrivée ?
L’INALCO a connu une évolution parfois à marche forcée par
notre ministère de tutelle. Pour ma part, il me semble que l’INALCO y a gagné
car il est mieux intégré qu’avant à l’offre de formation universitaire et aux
axes français et internationaux de la recherche scientifique académique.
2.
L’Inalco est un lieu comme on n’en trouve
nulle part ailleurs à Paris avec cette ouverture d’esprit caractéristique, est-ce
toujours vrai ?
L’arrivée de 95% des services et des formations sur le site
du 13ème arrondissement a énormément participé à cette plus grande
ouverture.
Non seulement les formations se sont développées comme je le
disais plus haut, mais tout le monde se côtoie dorénavant : enseignants bien
sûr, mais les étudiants. Cela révèle une richesse qui apparaissait moins
lorsque nous étions répartis sur 6 sites.
1.
Sinon y a-t-il d’autres choses que vous
souhaitez partager avec nos lecteurs ?
Parallèlement à ses formations, l’INALCO organise de
nombreuses diffusions de films, de nombreuses conférences d’un très haut niveau
académique.
Il y a également l’Inalcuturelle où les étudiants proposent
des pièces de théâtres, des expositions, des cuisines du monde, des chorales de
toutes les parties du monde.
1. Pour finir,
pouvez-vous nous montrer quelques images du bâtiment rénové, grâce à votre
travail ?



































